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Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment.
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MessageSujet: Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment. Ven 21 Oct - 16:29
Thomas Alexander Rosier
Carte d'identité
Nom: Rosier, mais je n'ai aucun lien de sang avec ce bâtard.
Prénom : C'est Thom, jamais Thomas.
Age : 19 ans
Sexe : Homme
Sang: Sang-Pûr
Année: huitième année.
Maison ou métier : Serpentard
Don spécial: Occlumencie et Légilimencie

Faits divers
Je suis couché sur une chaise matelassé, le bourdonnement de la machine est le seul bruit qui vient percer le silence. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement loquasse  dans la vie en générale, alors lorsque je suis en train de me faire rentrer une aiguille dans la peau depuis deux heures sur le pectoraux, j’ai encore moins envie de parler.  Je fronce le nez lorsqu’il repasse une énième fois sur ma cicatrice. C’est toujours plus désagréable sur de la peau déjà abîmé, d’autant plus que c’est plus difficile de travailler sur ce genre de surface pour l’artiste lui-même.  J’essaie de me concentrer sur autre chose. Je n’ai pas vraiment de difficulté à endurer la douleur, mais le désagrément est tout de même présent alors je me force à me concentrer sur autre chose.

Je ne sais pas si j’apprécie ou si je déteste me faire encrer. Autant c’est moi qui choisis de m’infliger cette douleur,  autant j’ai l’impression de retourner  en enfance à cette époque où je n’avais aucun contrôle sur mon existence. Parce que même si c’est ma propre décision de le faire, je le fais pour cacher mon passé. Je le fais pour cacher toutes les marques qui l’évoquent lui. Qui me font penser à elle.  J’ai aimé ma mère. C’est probablement la seule femme, non en fait la seule personne, que j’ai vraiment aimé.  J’ai enduré le pire pour elle, pour quoi au final ? Pour rien. Même si je serais mort pour elle, ça n’aurait rien changé, il aurait fini par la tuer quand même.  Il n’aurait pas changé. La nature des gens ne changent pas aussi facilement, surtout lorsqu’ils se plaisent dans cette situation.  Penser à lui me mets en colère, même si une dizaine d’année ont passé depuis cette journée fatidique. J’étais jeune, mais je me rappel de chaque détail comme si c’était hier. Je me rappel de la peur, de la colère, de mon cœur qui bat. De mes mains qui sert de toute leur force le manche du couteau. Les cris de ma mère, ceux du porc. Je me souviens de chaque instant, ils sont gravés dans ma mémoire autant que toute mon enfance est gravé dans ma peau. Il me l’a dit et répété qu’il allait me marqué à vie et c’est exactement ce qu’il a fait.

« Thom, c’est terminé. »

Je lui souris. Je suis curieux de voir le résultat final. Carl, c’est mon tatoueur depuis le début. C'est celui qui a bien voulu le faire malgré mon jeune âge. Le seul en qui j’ai confiance et surtout le seul qui a vu et accepter de tatouer mon corps meurtrie par le chien. Avant de lui montrer et d’accepter de lui confier mon corps j’ai fouillé dans sa tête, je n’ai confiance en personne et je ne m’ouvre pas, enfin presque pas. Mais j’ai fini par le faire avec lui, par lui faire confiance. Enfin, m’ouvrir est un bien grand mot, nous discutons à peine. Je le laisse faire son travail.

Je me lève et m’étire un peu avant qu’il me passe un miroir. Je regarde pendant un moment et mon sourire s’étire sur mes lèvres. Celui-là, c’est un tatouage spécial. C’est un tatouage pour maman.  J’ai attendu longtemps avant de la faire. Parce que je lui en ai voulu. Mais elle fait partie de mon histoire et elle est toujours dans mon cœur. Même si aujourd’hui ce n’est plus une faiblesse, seulement un souvenir.

« Merci. »
Mon caractère

Je ne peux pas dire que tout ce que le gens racontent à mon sujet est vrai. Mais je ne peux pas non plus dire que tout est faux.  Parfois il y a des défauts qui sont pour d’autre des qualités. L’inverse est tout aussi véridique. Je ne crois pas qu’on puisse réellement me connaître sans connaître mon histoire, même si, je dois l’avouer, je n’ai jamais vraiment cherché à ce qu’on me connaisse réellement.  L’aura de rumeurs et d’incertitudes qui gravite autour de moi me plait bien. Le savoir, l’information et les secrets  sont de très bonne façons de contrôler quelqu’un et je ne cherche pas à être contrôlé, bien au contraire.

Je vais vous laisser voir, grâce à la pensine ci-dessous plusieurs événements de mon passé qui vous aideront peut-être à me cerner d’avantage. Par contre, je vous mets en garde maintenant et je ne le referai plus. Il y a des choses dans mon passé que vous n’aimeriez pas connaître, si vous restez, vous êtes prévenu.

Tout d’abord je me présente. Thomas Alexander Rosier. Mais mon nom n’est qu’un ramassis de merde. Je n’ai aucun lien de sang avec les Rosier. Ce n’est qu’un nom sur un acte de naissance. Un mensonge. Je n’ai aucun lien avec le bâtard qui a servie de mari à ma mère durant mon enfance.  D’ailleurs, c’est aussi la raison pour laquelle je n’aime pas qu’on m’appel Thomas. C’est Thom. Toujours Thom. Il n’y avait que lui qui m’appelait avec mon prénom complet et je peux vous assurer qu’aujourd’hui le mot Thomas est synonyme d’insulte et de dégoût.  Mais comme vous ne le saviez pas, je vous laisse une chance, une seule. Estimez-vous  chanceux, car je ne suis pas un homme reconnu pour sa clémence. J’ai été clément dans ma vie, probablement trop, mais aujourd’hui je n’ai plus d’empathie, plus de sympathie et je ne laisse que très rarement de chances. Les gens ont tendances à profiter de la clémence. Vous leur offrez un bout de pain et ils veulent la miche au complet, le four et le boulanger. Donc je laisse une distance. Toujours. Probablement que si vous me rencontriez dans la rue, dans un bar, dans le cadre du travail, vous me trouveriez froid.  Et avec raison.  Je ne suis pas quelqu’un de chaleureux. Je ne suis pas quelqu’un d’émotif. Je sais que certain me demande parfois si j’ai des sentiments. Je vais être honnête, j’en ai. Comme chaque être humain. Mais je les enfouis profondément. Je me suis fermé à eux. Les sentiments, particulièrement l’amour nous font perdre le contrôle. Ils nous rendent faible. Et je ne perds jamais le contrôle. Plus jamais personne ne me contrôlera. Jamais. C’est une promesse. On m’a trop souvent traité comme un chien. Un bâtard. Une merde. Mais je vous jure sur ma tête que ce ne se reproduira jamais.

Pour garder le contrôle total, j’ai fait en sorte d’avoir tous les outils nécessaires en ma possession. J’ai appris la légilimencie et l’occlumencie pour ses raisons. Une seule personne est entrée dans ma tête et il n’y en aura pas d’autre.  D’autre part, connaître ses arts sont des avantages certains. Je vous explique. Le savoir, l’information, les secrets sont l’une des clés du pouvoir et avoir du pouvoir sur les gens vous permettent de les contrôler.  Ne vous méprenez pas, je ne chercher pas à dominer le monde des sorciers ou quelques  endroits que ce soient. Je ne suis pas mégalomane. Je n’ai rien à foutre de vos misérables vies. La seule chose que je veux contrôler c’est ma vie. La vôtre m’importe peu. Suis-je égoïste ? Probablement, mais la plus part des gens le sont. Et sur ce point je ne fais pas réellement exception à la règle. Je crois que je ne l’ai pas toujours été, mais certains événements vous changes pour toujours et c’est très certainement ce qui s’est produit dans mon cas.

Je suis aussi quelqu’un de manipulateur. Je sais amener les gens exactement là où je le veux.  Parfois par la crainte, parfois par le chantage, parfois simplement parce qu’ils sont facile à manipuler. Ça aussi c’est un art. Et je vous donne ma parole que je suis assez doué dans ce domaine.  Je vous l’ai dit. Mon but est de garder un contrôle total sur ma vie et c’est  seulement une manière de plus d’y arriver.

Par ailleurs, même si je me coupe de tous sentiments, j'aime les femmes. J'aime le sexe. J'aime le plaisir de leur peau contre la mienne. J'aime être en elle et j'aime le plaisir que ça m'apporte. Certain diront que je suis un coureur de jupons. Ce n'est ni vrai, ni faux. Je change certe, souvent de partenaire, mais je ne fais pas ça pour les collectionner. Seulement je ne veux pas qu'elle est un quelconque contrôle sur ma personne, je ne veux pas m'attacher. Je veux le plaisir et rien d'autre. J'aime les baiser. Je n'ai pas la tête de l'emploi, je suis bien d'accord avec vous. Je ne suis pas cet homme musclé dont toutes les femmes fantasment. Mais j'ai un joli sourire et de beaux yeux. J'ai l'air du mauvais garçon au coeur tendre, même si au fond ce n'est pas vrai. mon coeur n'est pas tendre. Mais bon pourquoi ne devrais-je pas user des charmes qu'on m'a transmis ?

D’un côté plus pratique, je suis un bon sorcier. Un très bon sorcier. J’ai travaillé très dure pour y arriver. Pour ne jamais être pris de court par n’importe qui.  Je bosse comme un malade à l’école et même en dehors de l’école. Je perfectionne chaque jour un peu plus mon talent pour être puissant, pour être un bon sorcier. Je ne vise pas à être le meilleur sorcier, pour être le meilleur. Juste parce que personne ne peut me prendre de haut en cas d’affrontement.  Je n’ai pas de camp. Je ne suis pas dans celui du ministère. Je ne suis pas non plus dans celui du seigneur des ténèbres. Je travaille un peu pour les deux parties.  

De toute façon, il y aura toujours quelqu’un pour se  révolter contre l’autre.  C’est ainsi depuis la nuit dans temps et je vous assure que ce n’est pas près de changer. Les humains sont prévisible vous savez.  Oui, oui, je vous assure, même vous. Il n’y a que trois choses qui régissent notre monde. La première c’est le pouvoir. Le pouvoir c’est la puissance, c’est l’information. La deuxième, c’est la crainte.  La crainte, c’est le peur, les secrets et la douleur. La troisième, probablement la pire de toute, c’est l’amour. Les gens sont prêts à beaucoup par amour. Ils sont près à endurer la pire atrocité par amour. C’est pour cela que c’est dangereux, parce que certains sont même prêts à mourir par amour. Et de toutes les trois, c’est probablement la seule qu’on ne peut pas réellement contrôler. On peut avoir le pouvoir, on peut être craint, mais on ne peut forcer personne à aimer.

Mon histoire

L'année de mes trois ans.
Ou la première fois où j'ai expérimenté la vraie douleur.

Je marche lentement, je ne suis pas encore parfaitement en équilibre sur mes pieds, mais j’arrive à me déplacer dans la maison. Je tombe parfois. Et souvent ça fait mal. Mais je me relève et continue d’avancer. Maman vient de m’appeler de la cuisine. Je me mets à courir parce que c’est la deuxième fois qu’elle m’appel. Je trébuche et tombe en me cognant la tête. Ça fait mal. Les larmes me montent aux yeux et je me mets à hurler. Je touche ma tête et ça fait encore plus mal. Il y a un liquide rouge sur mes doigts. J’ai peur et je pleure encore plus. J’entends vaguement maman arriver à mes côtés. Elle se penche pour me prendre dans ses bras.  Elle parle doucement dans mon oreille. « Shhh, ça va aller mon cœur. » Elle me berce doucement, mais j’ai encore mal et je n’arrive pas à stopper les gouttes d’eau qui s’échappent de mes yeux. Elle me frotte le dos. « Arrête de pleurer s’il-te-plait Thom. » Elle se penche pour parler encore plus bas. « Tu vas réveiller ton père. »  Sa lèvre tremble légèrement et un drôle de frisson remonte le long de mon corps. Je prends de grandes inspirations pour calmer ma respiration. Mais je m’étouffe et je me remets de plus belle à pleurer, c’est parce que j’ai peur de papa.

J’attends les marches de l’escalier craqué. Je me fige dans les bras de maman. Je n’arrive plus à émettre un son. Même mes larmes ont arrêtés de couler sur mes joues. Mon cœur bat vite dans moi poitrine plus les bruits s’approche de maman et moi. Je sens ses bras se crisper contre mes côtes et je me sers un peu plus contre son ventre. Elle agrippe ma main, fort. Elle aussi elle a peur.

Je vois les pieds de papa, ils sont grand et juste devant nous, mais je ne veux pas le regarder. Son regard me fait peur. Il est toujours méchant avec moi. « Morgana. Lâche-le. » Je sens maman bouger, elle me compresse encore plus fort contre elle. Je sais que sa tête bouge, mais je ne sais pas ce qu’elle a répondu à papa. Je ne veux pas le voir. Il fait un drôle de son avec sa gorge. Comme un grognement. Et il tire maman vraiment très fort. Elle  me lâche et je relève la tête. Papa la tien par les cheveux et il a le regard des mauvais jours. « Morgana, quand je te dis de le lâcher, tu le lâches est-ce que tu m’as bien compris ? » Elle bouge à peine la tête de haut en bas, parce qu’il la tient encore et qu’elle ne peut pas bouger. « Maintenant laisse nous. Je dois montrer les bonnes manières à ton bâtard. » Des larmes coulent de ses yeux, mais elle part quand même dans l’autre pièce.

« Thomas. Lève-toi. »
 Je tremble de tout mon corps, mais je n’arrive pas à bouger. On dirait que mes jambes sont lourdes comme des éléphants. Il respire fort et je comprends qu’il est vraiment fâché contre moi. Je sens les larmes couler sur mes joues. Je n’arrive pas à les contrôler. Je sais que je vais avoir mal. Je sais qu’il va me punir. Il me punit toujours, surtout lorsqu’il est de mauvaise humeur. La dernière fois j’ai eu mal sur le côté pendant des jours. Il avait frappé tellement fort que j’avais du resté couché pendant une semaine complète sans pouvoir bouger de mon lit. J'ai même un grosse cicatrice à cet endroit.« Comme tu n’écoutes pas, tu auras droit à une conséquence. »Un drôle de sourire apparaît sur sa bouche. Il a l’air content et j’ai encore plus peur. Il sort un bâton de bois de son pyjama puis il me le pointe dessus. Mon cœur bat fort, vraiment fort dans ma poitrine. J’ai l’impression qu’il va s’en aller s’il continu comme ça. « Endoloris. »

J’ai mal terriblement mal. J’ai l’impression que papa prend un couteau et l’enfonce dans ma tête en même temps qu’un rhinocéros essai d’en sortir. Je sens à peine les larmes couler sur mes joues tellement ça fait mal. J’hurle encore et encore. Mais ça n’arrête pas. Je cris tellement que j’ai envie de vomir. Finalement la douleur arrête. J’essaie de reprendre mon souffle, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas d’air. Je respire mais rien n’entre dans mon corps. Je lève les yeux vers papa. Je n’avais même pas remarqué que je m’étais couché au sol. « Je vais recommencer Thomas. Encore et encore tant que tu n’arrêteras pas de crier… Endoloris. » Le mal revient. Encore plus fort qu’avant. Un cri m’échappe. Je ne dois pas crier. Je ne dois pas crier. JE NE DOIS PAS CRIER. JE. NE DOIS. PAS. CRIER. J’essaie de refermer la bouche. Mais c’est difficile. Je n’arrive pas à me concentrer. Ça fait mal. Quand je sens enfin mes lèvres collés ensemble je sers, fort. Très fort. Je sens un drôle de goût sur ma langue. Comme la fois où j’ai mis une des clés à maman dans ma bouche. La douleur diminue doucement. Très doucement.

J’ouvre les yeux, mais je ne vois rien. Il fait trop sombre. J’ai froid. Et c’est mouillé sous moi.  J’ouvre et ferme mes yeux plusieurs fois, mais je ne vois toujours rien. J’essaie de me lever mais une douleur dans ma tête m’empêche de bouger plus. Je laisse tomber l’idée de me lever, mais j’essaie de ramper. Je me déplace un peu, mais rapidement quelque chose me tire le cou. Une chaîne. Je souris. Papa il a été gentil. Il m’a envoyé dehors, dans le jardin. Je me déplace vers la gauche, là où je sais que l’arbre se trouve. Je m’approche de lui et me couche en boule au sol. « Au moins papa m’a ramené près de toi. »


L'année de mes cinq ans.
Ou l'enfer existe bel et bien sur cette planète.

Maman crie fort. Je l’entends dans l’autre pièce. Un monsieur qu’il appelé médecin est venu la voir parce que le petit bébé qui pousse dans son ventre doit sortir. C’est le troisième qui grandie dans son bedon, mais le premier qui doit sortir. C’est bizarre. Père a été plus gentil que d’habitude avec moi. Il dit qu’il ne veut pas stressé maman et que la chose en elle soit blessée. Il dit que ça fait quelque chose à maman quand il me puni, alors il m’envoie seulement dormir dans le jardin.  J’aime bien être près de mon arbre. Je lui parle et je me sens mieux près de lui.  Il m’apaise quand je ne me sens pas bien. Quand je dors dans ma petite chambre au sous-sol  j’ai toujours peur qu’il vienne me voir pendant la nuit alors que quand je suis dans la cours, enchaîné, je suis tranquille.

Je suis assis dans le corridor devant la chambre de maman et de Père. Il ne veut pas que j’aille la voir, mais je n’ai pas envie de resté assis à attendre. Je n’aime pas l’entendre crier. Elle crie encore plus fort que lorsque Père la frappe ou lui tire les cheveux. Je n’aime pas quand il la touche. Maman elle est toujours gentille avec moi. Elle me flatte les cheveux et des fois elle vient me bordé sous mon arbre quand Père dort.  Il ne veut pas qu’elle le fasse, mais elle désobéi parfois à ses ordres.  Je crois que j’aime bien maman.

Je sursaute quand le monsieur médecin sort de la pièce. Il est recouvert d’un liquide rouge et habituellement quand mon sang coule c’est que j’ai mal. Je suis inquiet pour elle. Il me regarde un instant puis il secoue la tête de gauche à droite. Je ne suis pas sûr de ce que ça veut dire mais mon cœur bat plus vite dans ma poitrine.  Il se dirige vers notre salle de bain et il referme la porte. J’ai envie d’aller voir dans la chambre, mais j’ai peur de ce que je vais trouver et j’ai encore plus peur de Père alors j’attends un peu pour voir ce qui va se passer. Il n’y a pas un son qui sort de la pièce ou maman criait. C’est bizarre et je n’aime pas ça. C’est trop tranquille. Maman criait fort et puis là plus rien. J’entends juste le robinet de la salle de bain couler.  Le monsieur médecin doit être en train de se laver les mains. Père les rinces aussi quand il a mon sang sur ses doigts.  Il dit que mon liquide rouge le souille et qu’il n’aime pas être souillé par un bâtard. Je ne suis pas certain de savoir ce que ça veut dire, mais je crois qu’il n’aime pas me toucher même par me toucher. Il a toujours un drôle de regard quand il le fait. Parfois on dirait qu’il est content et une seconde plus tard il a l’air dégoûté. J’aime bien quand son visage change pour l’autre émotion. Habituellement ça veut dire qu’il va m’envoyer dormir dans le jardin et qu’il ne reviendra plus me voir.

Le monsieur médecin sort de la salle de bain, plus propre, et il retourne voir maman et Père dans la chambre.  J’essaie de d’étirer mon cou pour voir dans la craque de la porte mais je ne vois rien. Je me replace, la tête sur les genoux. Je ne sais pas quoi faire d’autre. J’entends vaguement Père et le monsieur parlé, mais je ne comprends pas ce qu’ils se disent. Ils ne parlent pas assez  fort et les seuls mots que j’entends, je ne suis pas certain de comprendre ce qu’ils veulent dire.

La porte s’ouvre encore pour laisser le monsieur passé. Il me regarde d’une drôle de façon avant de posé sa main sur ma tête et de secouer mes cheveux sous ses doigts. Je fais une petite grimace parce que j’ai encore une bosse sur la tête qui fait mal, mais je ne lui dis pas. Je trouve ça bizarre que quelqu’un d’autre que maman me touche comme ça, mais j’aime bien. « Bonne chance petit. » Il fait un drôle de bruit avec son nez. « Tu en auras besoin. » Il s’éloigne doucement et je fronce les sourcils. Pourquoi de la chance ? J’ai été gentil. J’ai écouté toutes les règles de père.  Et puis ma tête fait tilt. Peut-être que c’est maman ? Peut-être qu’elle ne va pas bien ? J’ai peur pour maman. Je me lève vite debout avant de me diriger vers la porte. Je pose ma main sur la poignée, mais j’ai peur. Père m’a dit de ne pas entrer et si j’entre je vais peut-être être puni.  Je prends une grande respiration et je pousse la porte. Père se retourne vite. Il est près de maman. Quand il me voit il se lève vite et vient me voir. Mon cœur se mets à battre vite, vite.  Il a l’air en colère. Je n’aime pas quand Père est en colère parce qu’il est toujours plus méchant avec moi.  Il m’agrippe le bras très fort et il me tire.  J’ai mal mais je ne veux pas pleurer parce que sinon il va me faire encore plus mal. Arriver devant maman je vois que sa poitrine bouge.  Il me retourne pour que je sois fasse à lui et me secoue par les épaules. « Tu vois ça ? » Il se met à crier. « Tu vois dans quelle état est ta putain de mère ? » Il me secoue encore plus. « C’est de ta faute. Tout est de ta faute. » Il me pince la joue et de l’eau coule de mes yeux même si j’essaie fort qu’il n’y en ait pas.  « Et je te jure, tu vas payer pour ça. »

Il prend une poignée de mes cheveux et tire très fort pour que je le suive.  Ça fait très mal et je n’ai pas le choix de trotter derrière lui. Je ne sais pas où il m’emmène, mais j’aimerais que ce soit dans le jardin. Sauf qu’arrivé au salon il va à gauche et ouvre la porte du sous-sol. Je trébuche dans les marches et ma cheville tourne dans le mauvais sens mais il ne s’arrête pas. Il continu jusqu’à atteindre une porte ou je ne suis jamais allé. Il ouvre, mais je ne vois rien. Il fait noir et j’ai peur.  On s’arrête une fois dans la pièce et Père referme la porte.  Je ne sais pas comment il fait, mais il allume des chandelles.

Il me prend par la taille et me soulève. Je tremble.  J’ai peur et j’ai l’impression qu’il y a un troupeau d’éléphant qui court dans ma poitrine. Il me fait coucher sur une table. Il donne un coup sur ma tête pour que je la colle au bois. Un cri de douleur s’échappe de mes lèvres. La bosse que j’ai sur la tête me fait vraiment mal maintenant.  Il prend chacun de mes bras et les attache avec une corde. Il la sert fort  et elle me brûle un peu quand j’essaie de bouger les mains.  C’est la première fois que Père m’attache comme ça. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre comme punition. J’espère juste que ce ne  fera pas trop mal. Je n’aime pas avoir mal. Il attache aussi mes pieds et je peux à peine remuer. J’entends quelque chose bouger à côté de moi mais je ne suis pas capable de voir c’est quoi. « Tu souffriras comme il se doit. Et tu seras marqué de ton corps par la douleur, salle chien. »

J’attends, mais je ne sens rien. Je sais qu’il est encore là, mais il ne fait rien. J’essaie de me calmer, mais une douleur terrible traverse mon bras. Je sens un truc chaud couler sur ma peau. Sa brûle. Je respire fort. La douleur recommence encore, mais sur l’autre bras. Un cri m’échappe. Je sers les lèvres, mais ça fait mal. Encore plus mal. Toujours plus mal.  Il s’approche de mon visage pour que je le voie. Il tient un couteau comme ceux que maman utilise quand elle fait la cuisine.  Il est tout rouge et la main de Père aussi. Il sert mes joues, fort. « Si tu n’arrêtes pas de crier, je vais continuer encore et encore. Tu connais la règle Thomas. » Je secoue la tête, des larmes dans les yeux. Je sers les lèvres.

Il continue encore et encore. Ça brûle. Ça colle. Ça fait mal  et je fais de mon mieux pour ne pas faire de son. Je sers aussi les yeux parce que ça fait mal, mais pas comme le mal qu’il me fait. Il fait de plus en plus noir dans ma tête et je fini par ne plus rien sentir du tout.

J’ouvre et je ferme mes yeux plusieurs fois. Je vois le visage de maman. Il est plein de larmes. J’avance ma main vers sa joue, mais quand je vois mon bras je me mets à trembler. Il est plein de marque de drôle de couleur et il est tout enflé. Je regarde la couleur de l’eau et elle aussi est toute rouge. Je fronce les sourcils. Il fait froid, j’ai le corps tout engourdie.  Maman se penche vers moi pour me donner un baiser sur le front. J’aime bien quand maman me donne des baisers. « Je suis désolée Thom, tellement, tellement désolée mon cœur. »


L'année de mes huit ans.
Ou le jour où je me suis enfin levé pour combattre.

J’ai froid. J’ai vraiment très froid. Je me roule sur moi-même pour essayer de me réchauffer, mais ça ne fonctionne pas vraiment. L’hiver approche. Je le sais parce que la nuit il y a de la glace qui se dépose sur le gazon dans le jardin. Habituellement maman réussi à convaincre monsieur Rosier de me faire dormir à l’intérieur. Elle dit que je pourrais attraper une grippe ou quelque chose comme ça. Il accepte chaque année de me garder dans ma petite chambre pendant la saison de la neige. J’aime beaucoup la neige. C’est joli et c’est tout blanc. En plus je peux faire des bonhommes avec maman. Elle vient souvent jouer avec moi quand il est partie travailler. Sinon elle ne vient pas. Elle ne veut pas lui désobéir parce qu’elle a peur de lui. Moi aussi j’ai peur. Je n’aime pas quand il me fait mal, mais j’aime encore moins quand il fait mal à maman. Je n’aime pas la voir pleurer. Surtout quand c’est de ma faute. Je sais qu’il ne m’aime pas. Moi non plus je ne l’aime pas. Même que je le déteste. Des fois j’aurais envie de lui crier après ou de le frapper. Mais je ne peux pas faire ça. Sinon je vais avoir encore mal et maman aussi.

J’ai un frisson qui traverse mon corps. Le vent se lève et il souffle fort dans mes oreilles.  Je me recroqueville un peu plus sur mon arbre. Il me protège un peu avec ses grosses branches. La chaîne tire encore sur mon cou, mais je la porte depuis tellement longtemps qu’elle ne me fait plus mal, je ne la trouve même plus inconfortable.

Monsieur Rosier ne m’a pas fait dormir en dedans parce qu’il se chicane avec maman et qu’il n’avait pas le temps de trouver une meilleure punition. Il a dit que j’aurais mérité pire, mais que comme il faisait froid ça suffisait pour maintenant. Qu’il allait me punir plus durement une prochaine fois. Je ne suis pas certain de ce que j’ai fait, mais j’aime bien passer la nuit dans le jardin alors ça me va. En plus maman et lui parlaient de moi. Lui disait que j’étais un cracmol. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ce ne doit pas être gentil. Parce que maman lui a dit de se taire et habituellement maman ne dit jamais de se taire à monsieur Rosier. Jamais. C’est là qu’il a perdu patience et qu’il m’a envoyé près de mon arbre.  

Ça fait déjà quelques heures que je suis dehors parce que je vois bien la lune d’où je suis et elle a bougé un peu dans le ciel. J’entends encore des fois des voix fortes venant de la maison. Celle de monsieur Rosier qui a l’air vraiment fâché et celle de maman qui est très aiguë. Maman elle ne crie pas souvent. Le plus souvent elle pleure. Monsieur Rosier déteste quand on cri, il me puni toujours plus sévèrement si je fais trop de bruit. Il dit que ça fait partie des règles. Que si je hurle parce que ça fait mal et il va continuer encore et encore jusqu’à ce que j’arrête.  Souvent je sers les lèvres tellement forts que ça goûte comme le métal dans ma bouche.

C’est de plus en plus tranquille dans la maison. Je ne les entends plus ni un ni l’autre. C’est bizarre et je n’aime pas ça. J’ai un drôle de sentiment qui me fait comme un gros trou dans mon ventre. J’essaie de tendre l’oreille mais il n’y a que le vent et les feuilles qui font du bruit. Je pose la tête sur mon bras pour être plus confortable et je ferme les yeux pour essayer de dormir.  Même si j’ai encore le gros trou dans le bedon.

Je crois que je me suis endormie parce que quand j’ai entendu le cri, j’ai sursauté. Je sais que c’est la voix de maman. Mon cœur bat vite, vite, vite dans ma poitrine. Elle a l’air d’avoir mal parce qu’elle cri encore fort. Je veux aller retrouver maman, je ne veux pas qu’elle est mal. Je me lève et je tire fort sur ma chaîne, mais je n’arrive pas à bouger très loin. Mon cou me fait mal, mais je continue de tirer. Maman hurle fort et j’ai peur. J’ai  très vraiment peur. Je ne l’ai jamais entendu faire un bruit comme ça. J’ai de la difficulté à respirer parce que la chaîne bloque ma gorge. J’ai mal. Des larmes coulent de mes yeux. J’ai les joues mouillées, mais je continue d’essayer d’avancer.

Le son arrête, puis reprend encore plus fort. Je tremble. Je suis en colère. Monsieur Rosier n’a jamais fait aussi mal à maman. Je le sais parce que d’habitude c’est moi qui suis puni à sa place. Je tire encore plus fort sur la chaîne. Tellement fort qu’elle s’ouvre comme par magie. C’est étrange. Je trébuche à cause de mon éland et je me fais mal aux genoux, mais ce n’est pas grave je dois aller voir maman. Je cours le plus vite que mes jambes peuvent courir pour aller dans la maison.  Je tombe deux fois et sa me brûle les mains, mais je me relève vite pour continuer de courir.

J’arrive devant la porte derrière la maison. Elle est fermé et j’essaie de l’ouvrir mais elle est comme bloqué. Je pousse encore dessus et après avoir mis beaucoup de force j’arrive à l’ouvrir. Elle fait un gros bruit en claquant sur le mur. Je l’entends, mais je ne m’en occupe pas parce que je dois trouver maman maintenant. Je cours dans la maison. Je passe dans le salon et je fais tomber un des pots sur le meuble du passage, il tombe et éclate en plein de morceaux par terre. Je sais que monsieur Rosier va me punir, mais je n’y pense pas trop. J’ai trop le cœur qui bat vite à cause de maman. J’ai peur qu’il lui ait fait vraiment très mal.

Je continue pour aller dans la cuisine. J’entends des drôles de bruits, mais maman ne crie plus. Je pousse doucement sur la porte. Je vois monsieur Rosier, il est debout et il a la tête dans les mains. Je ne vois pas maman alors je pousse une peu plus la porte pour mieux voir. Elle est couchée par terre. Sa jupe est toute déchirée et il y a plein de liquide rouge autour d’elle et sur elle aussi. Ses yeux sont ouverts mais elle ne bouge pas. Je sers les poings, fort. Je suis fâché. Monsieur Rosier n’avait pas le droit de faire mal à maman. Il n’avait pas le droit. Je sers  les dents  dans ma bouche. Ça fait un peu mal, mais ce n’est pas grave. J’ouvre  la porte encore un peu parce que je veux aller dans la pièce. Monsieur Rosier ne me voit pas. Il y a un couteau que maman utilise pour couper la viande et les légumes sur le comptoir. Je le prends dans mes mains et je le sers fort. Il finit par m’entendre et il se retourne vers moi. « Mais… » Il fronce les sourcils. « Qu’est-ce que tu fous la sale chien. Je t’avais pourtant attaché dans le jardin. Retournes-y vite sinon tu finiras comme ta salope de mère. » Monsieur Rosier essai de mettre sa main sur moi. Je lève le couteau et le plante dans son bras le plus fort que je peux. Il crie fort. Je tire sur le couteau pour l’enlever de son bras. Il va être puni pour avoir été méchant. « Espèce de putain de morveux. » Il essaie de me prendre le couteau des mains mais je lui plante dans le ventre. Il hurle. Et je recommence encore et encore. « Tu dois pas crier monsieur Rosier, c’est la règle. Tu dois pas crier. »

Il tombe par terre, mais je continue à lui planter le couteau. Je crie moi aussi. Je crie parce que je suis fâché. Parce que je ne l’aime pas. Parce qu’il a fait mal à maman. J’ai plein de liquide rouge sur les mains, mais je continue à frapper jusqu’à ce que mes bras me fassent très mal.

Le couteau fait un drôle de bruit quand je le laisse tomber, mais ce n’est pas très grave. De l’eau coule de mes yeux. Je me lève et je vais voir maman. Elle est toute froide sur le sol. Je la bouge un peu, mais elle ne fait rien.  Je me couche près de maman et je la prends dans mes bras. Ça fait mal dans mon cœur.


L'année de mes onze ans.
Ou plus jamais quelqu'un ne me contrôlera. JAMAIS.

Je suis en train d’étudier. L’année prochaine j’entre à l’école de sorcellerie Poudlard. Comme je n’ai jamais été à l’école, je dois reprendre depuis le début  tout ce que j’ai manqué. C’est parfois difficile, mais j’aime savoir des choses. J’ai toujours aimé ça, même si avant, je n’avais pas vraiment le choix. Je prenais ce qui s’offrait à moi, ce que maman voulait bien m’apprendre. Elle me manque souvent. Je vie chez mon oncle et ma tante depuis presque 3 années. Mon oncle est quelqu’un d’assez agréable. C’est un bon sorcier  et il a été d’accord pour que j’aille vivre chez lui après la mort de maman et du  chien.  C’est une autre histoire avec ma tante. Elle ne m’aime pas et je ne l’aime pas. Mais si elle ne vient pas me voir, je ne vais pas la voir non plus.

Je me frotte la tête. Je commence à être fatigué. J’ai  dû apprendre beaucoup de choses dans les dernières semaines et j’ai étudié jusqu’à tard dans la nuit chaque jour.  J’ai les yeux qui ferment tout seul et même si j’essaie de rester concentré, mon cerveau n’a pas l’air de vouloir, lui.

Mon estomac gronde et  je réalise que je n’ai pas encore mangé de la journée. Je me lève de ma chaise et me dirige vers la cuisine. Je croise mon cousin dans le corridor. Je l’aime bien mon cousin. Il est plus jeune et parfois il m’énerve un peu à me suivre tout le temps comme il le fait, mais je l’aime bien quand même. On rit beaucoup ensemble et il est gentil, même s’il est plus jeune que moi. C’est le premier vrai ami que j’ai avec qui je parle et qui me répond. Je continue mon chemin vers le réfrigérateur pour aller me chercher un truc à grignoter.  Sans surprise, il décide de me suivre. « Qu’est-ce que tu fais Thom ? » Je lui souris gentiment. « Je vais me chercher un truc à manger, je meurs de faim. » Il me regarde avec des gros yeux. « Si elle l’apprend, elle ne va pas être contente, on n’a pas le droit de manger après le repas du soir. » Je sais que ma tante ne sera pas contente. Je sais aussi que c’est interdit, mais j’ai faim et on ne m’a pas prévenu à l’heure du repas. J’ai des cahiers et des cahiers de trucs à réviser, si je ne mange pas, je n’arriverai même pas à lire deux pages de plus.  Je me penche vers mon cousin et lui fait un sourire. « Si tu ne lui dis pas, elle ne le saura jamais. » Ce n’est pas la première fois que je pique de la nourriture le soir. Toute ma vie j’ai dû attendre qu’on me dise de manger, sinon j’avais peur qu’on me fasse du mal ou encore plus, qu’on en fasse à maman. Maintenant que je n’ai plus peur, je n’ai plus envie de me priver de ce genre de chose.

J’ouvre la porte du réfrigérateur et en sort de quoi me faire un sandwich. Mon cousin me regarde faire, l’eau à la bouche. « Je peux t’en faire un si tu veux. »  Il hoche la tête de haut en bas plusieurs fois avec enthousiasme et moi je lui fais un clin d’œil… Et un sandwich évidement.  Ce n’est pas un truc très compliqué que je fais, mais ça va satisfaire nos ventres à tous les deux.  Une fois ma tâche terminé je lui tends le sien et vais m’asseoir à la table.  Encore une fois, il me suit et pose ses fesses sur la chaise en face de la mienne. Nous mangeons nos premières bouchées en silence, mais dès que mon ventre, et probablement le sien, sont un peu plus plein.  Je me mets à lui faire des grimaces et il éclate de rire avant de m’en faire une aussi. J’adore le faire rire. Il est drôle quand il rit et je m’amuse beaucoup à faire ça.

Je fais une énième plaisanterie en me faisant des dents avec le reste de la croûte du pain lorsqu’il arrête de rire brusquement. Il me fait de grands yeux et je devine facilement que notre tante est derrière moi. Je me retourne pour la voir et effectivement, elle est là et elle a l’air assez en colère qu’on est désobéi  à ses règles.  Elle pince la bouche ce qui déforme son visage et lui donne un air assez ridicule, mais je me retiens de rire. Ce n’est pas le moment. Je n’ai pas envie de m’attirer d’ennui plus qu’il n’en faut. Elle me fixe d’abord moi un instant avant de regarder mon cousin. « Toi. Va dans ta chambre. Nous discuterons de ton comportement plus tard. » Il se lève comme s’il avait un ressort dans les fesses et court jusque dans les escaliers que nous l’entendons monter quatre à quatre.  Elle attend que la porte de sa chambre ait claqué avant de reposer son regard sur moi.

« Alors comme ça tu désobéis à mes règles et tu entraînes mon fils dans tes bêtises ? » Je n’ai pas spécialement envie d’avoir des problèmes, ni d’en attirer à mon cousin, alors je décide de m’excuser. « Je suis désolé, c’est de ma faute, mais j’avais très faim. Je n’ai pas mangé au repas de ce soir et je n’arrivais plus à me concentrer sur mes leçons. » Je la regarde avec un petit sourire avant de poursuivre. « Et puis, c’est vous qui m’avez dit que je devais tout apprendre et être parfait pour ne pas attirer la  honte sur notre famille. »

Elle plisse les yeux et me regarde très étrangement, comme si elle voulait voir si je suis sincère dans ce que je dis. J’avoue que je ne le suis pas totalement et que j’ai dit ça pour la contre dire, mais elle ne peut pas lire dans ma tête. Elle continue de me fixer de ses yeux de serpent et plus elle me regarde plus je sens un truc étrange dans ma tête. Comme si quelque chose ou quelqu’un essayait d’y entrer. Comme si avec ses yeux  elle essayait de percer mon esprit. J’essaie de la repousser, mais c’est difficile.  C’est une sensation étrange d’avoir l’impression que quelqu’un  entre dans la seule chose qui n’est qu’à moi.

Elle finit par arrêter de me regarder  et une lueur mesquine passe dans ses yeux. Comme si elle avait vu que j’avais essayé de me jouer un peu d’elle quelques minutes plus tôt.

Elle lève la main puis d’un geste vif me frappe fort sur la joue. Un fois. Deux fois. Trois fois. Je sers la mâchoire. Je ne crie pas. J’ai appris à ne pas crier. J’ai appris à ne pas dire un mot. Quatre fois. Cinq fois. Six fois. La colère commence à monter en moi. Une colère immense. Un peu comme celle que j’ai ressentie avec le chien. Sept fois. Huit fois. Neuf fois.  Je bloque sa main. Et m’approche lentement de son visage. « Tu as vu dans ma tête. Tu as vu ce qui est arrivé. Sache que je te ferais la même chose, mais en bien pire, si tu lèves encore une fois la main sur moi. Je n’ai pas peur de la douleur. Je n’ai pas peur d’être puni  et je n’ai pas peur de toi. »

Je lâche son bras, elle me regarde toujours, mais cette fois, c’est une émotion indescriptible qui passe sur son visage.  Je me détourne d’elle et me dirige vers ma chambre pour étudier.

Assis  à mon bureau, je n’arrive pas à me concentrer. Je n’arrête pas de passer en boucle ce qu’elle a fait et surtout comment elle fait pour entrer dans ma tête. Je dois trouver comment. Je dois trouver comment le maîtriser et surtout comment le contrer. Je ne veux pas faire de mal. Mais plus jamais personne ne me contrôlera. JAMAIS.


L'année de mes quatorze ans.
Ou la première fois où j'ai goûtée à une femme.

Je suis assis en cours, le professeur est follement ennuyeux, mais si je veux être le meilleur, je dois être attentif. L’idée d’être le plus doué ne vient pas du fait que je veux être le meilleur dans le sens propre du terme. Non, je veux être le meilleur pour ne jamais être pris de court. J’ai été trop souvent vulnérable et contrôler dans ma vie. Surtout par ce bâtard. Alors plus jamais ça ne se reproduira et pour ça je dois d’abord et avant tout  maîtriser tous les aspects de ma vie.  Je suis prêt à concéder que c’est un peu étrange, mais l’information est une forme de contrôle souvent négligé, pourtant le savoir et surtout les secrets sont des armes très utile. Je ne suis pas un caïd. Je ne m’amuse pas à faire des mauvais coups ou faire tourner en bourrique mes professeurs. Je n’en ai rien à foutre, sincèrement.  Mais les gens me respects. La peur permet de contrôler les gens de la façon la plus sordide qui soit. Pour en avoir fait l’expérience, la peur vous donne du pouvoir sur les autres. J’ai longtemps eu père de l’époux de ma mère, mais la haine et la colère ont fini par prendre le dessus. Le problème, c’est que j’ai attendu tellement longtemps avant de réagir… À cause d’elle. J’avais peur pour ma vie, mais on se fait à la douleur. On se fait au mal constant, mais la peur qu’elle ait mal elle, me guidait. J’aurais probablement pu m’enfouir, j’aurais probablement pu foutre le camp de cet endroit bien avant les huit années de calvaires que j’ai vécu, mais comment  j’aurais pu la laisser, elle, ma mère,  seule aux mains de cet ignoble personnage. Je n’aurais pas pu parce que cette femme, c’était le centre de mon univers et je l’aimais. Aujourd’hui, j’ai compris deux choses. La première, c’est que plus jamais je ne me laisserai faire et je l’ai prouvé avec mon imbécile de tante. La deuxième, c’est que je n’aimerais plus jamais. L’amour c’est une faiblesse, probablement la plus grande des faiblesses et plus jamais je ne serais faible et chétif comme je l’ai été.

Je regarde un instant par la fenêtre, le cours vient de commencer il y a à peine dix minutes et il y a déjà des élèves à la traînent pour prendre les notes. Parfois je me dis qu’ils sont pathétiques. Je devrais avoir de la compassion pour les gens qui éprouvent des difficultés, mais sérieusement je n’y arrive pas. Si ces fainéants se donnaient vraiment la peine  ils réussiraient. Si moi j’ai  pu le faire en commençant ma scolarité à huit ans alors eux ils peuvent le faire en suivant seulement le groupe.

Quelqu’un cogne à la porte de la salle de classe, le bruit me fait sortir de mes pensées et je regard, comme tous les autres crétins assis à mes côtés. C’est Minerva McGonagall, la prof de métamorphose et  aussi la directrice de Gryffondor. Elle pousse doucement une petite blonde dans la pièce. Elle a l’air passablement gênée d’être là et je dois avouer que son malaise en est presque comique. La vieille chuchote un truc à notre professeur et elle s’en va comme si rien n’était en laissant la petite brebis égarée devant nous. « Je vous présente Amélie, elle est nouvelle dans notre école et va continuer l’année avec vous. Maintenant mademoiselle Stone allez-vous asseoir, il y a une place près de Thomas au fond. » Je fronce les sourcils. D’abord parce que je déteste qu’on m’appel par mon prénom, c’est Thom. Jamais Thomas, il n’y avait que le chien qui m’appelait comme ça. Ensuite parce qu’il n’y a jamais personne qui vient se mettre à ma table et ça me va très bien. Je la fixe du regard et je le vois déglutir en s’approchant.  Elle n’arrive pas à soutenir mon regard et ça me plait.

Elle tire la chaise à mes côtés et me fait un petit sourire timide. « Salut, moi c’est Amélie. » Je me tourne vers elle, j’hausse un sourcil.  Puis je me retourne vers le professeur en l’ignorant simplement.

Je sens ses yeux posés sur ma personne durant la majorité du cours, alors lorsque l’heure ce termine et que nous sommes enfin libéré, je me retourne vivement vers elle pendant qu’elle ramasse ses cahiers. « Qu’est-ce que tu m’veux ? » Elle se fige un instant avant de bégayer lamentablement.  « Je… Je… Rien. Je ne veux rien. » Je lève les yeux au ciel avant de prendre mes affaires et me lever. « Alors arrête de me fixer comme si j’étais une bête de foire. C’est chiant. » Puis je quitte la classe rapidement.  Je ne sais pas si elle se lève ou si elle reste assise parce que je ne me retourne pas pour la regarder.

Le lendemain, le même manège recommence, elle me fixe, elle me regard et je dois avouer que ça m’énerve royalement.  Mais je ne lui parle pas. Je n’agrémenterai pas cette curiosité malsaine et je n’ai définitivement pas besoin de ça dans ma vie.

Je laisse passer quelques semaines, mais elle me fait de plus en plus chier. Elle pose des questions à gauche, à droite.  Et je déteste quand on fait sa fouine sur mon compte. J’espère au moins que les rumeurs qui circulent à mon sujet la feront fuir. Certaines sont vraiment, d’autre sont complètement farfelues. Mais je n’ai jamais cherché à les faire taire. À quoi bon ? De toute façon, elles ne donnent pas l’impression que je suis  un enfant de cœur alors pour ma part je n’en ai rien à foutre. Par contre, elle m’énerve quand même avec sa curiosité de merde.

Il est tard, le souper vient de se terminé et je l’ai prise à essayer de soutier des informations à un professeur à mon sujet. La colère commence à se faire sentir et j’en ai vraiment plein mon cul de son comportement. Je sais pertinemment que si je ne fais rien elle va continuer et ce n’est pas ce que je veux. Personne ne connait la vérité et je n’ai pas envie que quelqu’un l’a connaisse.  

Nous nous croisons dans un couloir en quittant la grande salle, au rez-de-chaussée.   Je m’arrête devant elle et je la regarde de les yeux. « Suie-moi. » Je me retourne et me dirige vers une porte qui mène aux vieilles salles de classe abandonnées. Je sais qu’elle va me suivre. Je le sens.  Je n’ai même pas besoin de me retourner pour vérifier. Ça fait des semaines qu’elle s’informe sur moi, alors pourquoi refuserait-elle une rencontre seul à seul ?

J’entre dans une classe et laisse la porte ouverte. Elle entre quelques secondes après moi dans la pièce. Je referme derrière elle et  je me retourne pour la regarder. Je n’ai pas l’air de bonne humeur et ça reflète bien ce que je ressens en cet instant. Mon sang bouille dans mes veines.  Je m’approche d’elle l’air menaçant. « Alors comme ça tu t’intéresses à moi ? » Elle recule et je continue d’avancer pour l’acculer au  fond de la pièce. Elle tremble un peu et je pose ma main sur le côté de sa tête et j’approche mon visage du sien. « Alors, je ne te répéterai pas une troisième fois, qu’est-ce que tu me veux ? » Elle arrête de trembler et me regarde directement dans les yeux.  Je suis plutôt surpris de son attitude, c’est comme si elle avait pris une décision. Puis sans crier gare elle pose violemment ses lèvres sur les miennes.  Je recule d’un coup, étonné par ce qu’elle vient de faire. Je n’ai jamais eu de contact physique du genre avec personne. Je ne laisse pas les gens me toucher. « Qu’est-ce que tu fous. » Elle me regarde avec le sourire. Et s’approche un peu plus de mon visage avant de murmurer. « C’est ça que je veux. » Elle réduit une nouvelle fois l’espace entre nos lèvres et m’embrasse de nouveau. Mais cette fois je me laisse faire. La sensation n’est pas désagréable. Je dirais même que c’est l’inverse. Sa bouche est douce contre la mienne et son corps fusionné au mien m’excite. C’est une sensation que je n’ai jamais expérimenté, mais c’est agréable.

Elle glisse sa langue pour approfondir notre baiser. Et je la plaque un peu plus contre le mur. Et puis merde. Mon corps à envie d’elle alors pourquoi pas. Elle est jolie et je vais peut-être prendre mon pied. D’autant plus que si je lui donne ce qu’elle veut, elle va peut-être me foutre la paix.

Hors d’haleine elle finit par s’éloigner de moi et me regarder avec un regard de victoire. Elle replace ses vêtements et je la regarde interloqué. « Qu’est-ce que tu fous ? » Elle me fait un clin d’œil avant de quitter la pièce et de me planter là comme un con bandé comme un cheval.

Une fois plus reposé, je retourne dans ma salle commune, encore plus frustré que ce que j’étais avant tout ça. Maintenant, elle m’a donné envie de plus et ça me met en rogne. Je décide que le lendemain, ce sera moi qui aurai le contrôle sur la suite.

Aujourd’hui, toujours aussi frustré et décidé que la vieil, après le déjeuner je m’approche d’elle la prend par la main assez brusquement et je la tire derrière moi jusqu’à ce qu’on se trouve un coin tranquille.  Je la plaque au mur et je l’embrasse elle se laisse faire et passe sa main dans mon cou ce qui provoque un frisson dans tout mon corps. De l’autre elle la glisse sur mon membre et nous continuons comme ça pendant quelques minutes. Elle ouvre ma braguette et glisse ses doigts dans mon vêtement pour que notre peau se touche. La sensation est délectable, mais je ne tiens déjà plus. J’ai envie d’elle. Je la couche au sol et je lève sa jupe elle me guide, plus expérimenté que moi et nous baisons là, sur le planché poussiéreux d’une classe à l’abandon.

Ce jeu dure pendant quelques mois. Elle m’excite toujours autant, mais je commence à me frustrer. Elle commence à avoir un contrôle sur ma personne et je me suis promis que plus jamais personne n’allait en avoir sur moi.

Elle m’attire dans une classe vide et commence à m’embrasser. Je la repousse doucement avant de mettre de mes mains sur ses épaules et la regarder dans les yeux. Je vois dans son regard une étincelle d’espoir et j’ai peur de savoir la raison de celle-ci. Alors je prends une grande inspiration et je me lance. « Amé, on arrête maintenant. » Je vois l’étincelle s’éteindre peu à peu pour laisser place à la surprise. « Qu… Quoi ? » Je soupire avant d’enchaîner. « Toi et moi on arrête. Je ne joue plus. » Elle se met à trembler je m’apprête à m’en aller pour mettre fin à cette situation au plus vite, mais en prend mon visage entre ses mains pendant que des larmes coules de ses joues. « Tu as rencontrée quelqu’un d’autre ? Je ne te plaie plus ? » Je secoue la tête. « Non Amélie, c’est seulement terminé. » Elle essaie de m’embrasser mais je la repousse. « Mais, je t’aime. Je t’aime Thom. Ne me laisse pas. » Je passe ma main sur sa joue. « Pas moi. Je ne t’aime pas et maintenant, c’est terminé. » Elle pleure toujours, mais je me retourne et quitte la pièce. Je ne voulais pas lui faire du mal. J’adorais jouer avec elle et je l’aimais bien, même si je ne l’apprécie pas comme elle m’apprécie, mais je me devais de reprendre le contrôle. Je me le suis promis et je vais tenir  cette promesse coûte que coûte.

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MessageSujet: Re: Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment. Mer 26 Oct - 4:05
Gamyn a trouvé ce gif qu'il trouve très amusant.

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MessageSujet: Re: Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment. Jeu 3 Nov - 3:13
Bravo!

Bravo!  

Tu as enfin terminé ta fiche! Tu peux maintenant faire ta fiche de liens afin d'entrer en contact avec les autres membres. N'hésites pas à aller te promener dans le flood et nous te souhaitons de t'amuser parmi nous!

À partir de maintenant, tu fais partie du Seeeeeerpentaaaaard.

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MessageSujet: Re: Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment.
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Thomas ♚ Le mal ne meurt jamais vraiment.
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